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Subjectiver la réalité par le cube.

Traduire plastiquement l'organique, le courbe, par le cube permet de jouer de l’ambiguïté de l'image numérique et du travail traditionnel de peinture.

En le multipliant, ainsi que des atomes ou des pixels, je m'approche de l'infiniment petit. Puis par répartition de la lumière, je peux créer du relief, de la profondeur et des corps apparaissent.

Pourtant le cube n'existe pas!

Un cube, s'il n'est pas transparent, ne donne que trois faces à voir. Mais notre cerveau cognitif identifie ces 3 parallélogrammes en deux dimensions comme un volume à 6 faces. La profondeur n'est que perception.

Le cube est une forme parfaite, systématique.

Il est un concept mathématique (et donc humain). On ne le retrouve pas de façon rigoureuse dans la nature même si certaines roches tendent a s'en approcher.

Il est typique de la pensée de l'homme occidental qui l'emploie partout : urbanisme, design, boite à image, boite à pensée, tiroir... Notre modernité passe par le cube!

C'est par lui que l'homme se dénature!

 

LE CUBE...

De par sa perfection formelle et par sa rigueur de construction, le cube est pour moi la forme représentative de la pensée de l'homme occidental. Ni flore ni faune ne sont capables de cette création ultime. Le carré d’abord est apparu, employé dans toutes les civilisations, rigoureux, symétrique, perpendiculaire... parfait. Puis est né le cube, extension en trois dimensions. Créé abstraitement par les mathématiciens, le cube fut rapidement récupéré par les constructeurs de tout poils :
boites à habiter, boites à ranger, boites à empiler, boites à images...  Architectes, designers ou urbanistes ne peuvent se défaire de cette forme primordiale, pratique, protectrice et solide.

Le cube est partout, pourtant il continue à être employé quasi exclusivement à titre fonctionnel. Et malgré son omniprésence, les Beaux Arts le délaissèrent.
Ce que l’on appelle « cubisme » n’est rien d’autre qu’un travail de morcellement de la réalité, du point de vue ; rien à voir avec une rigueur perspectiviste.

Avec l’arrivée de l’abstraction géométrique, des artistes employèrent le cube (Kasimir Malevitch et ses « architectones »). Mais ce fut le carré surtout qui fût au centre de toute les attentions avec les artistes du Bahaus ou de De stilj.

Mais ce sont finalement les minimalistes et les op-artistes des années 60-70 qui explorèrent réellement le cube.
François Morellet, Sol Lewitt, Donald Judd, Victor Vasarelly l'employèrent comme base de réflexion optique, comme dialogue public/espace, détachés toutefois de toute proximité avec la réalité.

Ma représentation picturale du cube est déformée, aplatie, partielle, cognitive! Chacun sait reconnaître un cube même s’il n’est pas entièrement constitué. Enigme monolithique ou empilement, il symbolise le monde moderne, la ville, l’architecture, l’anti-organisme... mais aussi l'écran numérique et le traitement de l'image par le pixel, comme s'il s'agissait de cellules organiques qui suivraient d'autres lois que la rondeur des atomes. Mes sujets sont constitués de cette masse grouillante et «géo-maîtrisante».

Le cube, considéré comme pixel, permet une sensation d'image numérique. Pourtant, peint de façon traditionnelle, il revet une subjectivité impossible à créer par nos ordinateurs. Ils ne peuvent associer image organique, pixelisation en perspective, mise en ombre, lumière et couleurs.
Traduire l'organique, les courbes, en cubes devient alors un enjeu plastique. Le but est de mêler les deux ordres dont parle Piaget, «l’ordre vital et l’ordre géométrique» ; complexité organique et rangement rigoureux de la perspective. L’ordre fourmille, le chaos s’organise.
 
Aujourd’hui l’art se tourne vers les nouvelles technologies, avec un reniement fréquent de la peinture. Or en associant la tradition du faire et la modernité du code de perception, peut être pourra-t-on poursuivre une quête commencée à l'aube de l'humanité.
Dans ses écrits Irving Sandler montre qu’il faut cesser de voir la nouveauté révolutionnaire comme valeur essentielle, il prône une recherche de qualité, une expression personnelle des idées visuelles.

L'acte de peindre continue!




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